Tuesday, March 9, 2010
Rêve
Je me trouvais au bout du quai, mais je n’attendais pas un train, sinon un tramway. Je pensais au livre que je dois écrire. Je pense à lui pendant des années. La pensée est si obsédante que je ne peux pas me concentrer sur les mots concrets et le sujet. Et pourquoi me concentrer ? C’est comme s’il est écrit, il est tout prêt dans ma tête. Je connais sa langue, c’est ma langue. Ses mots sont mes meilleurs mots, ses histoires – l`histoire de ma vie et la vie de mon double. Le livre est parfait grâce au manque total de concrétion. Je suis son unique lecteur mais dès que le tramway arrive je monte et je vais l’écrire. Il fait froid. Mon souffle sort en nuées. Je réfléchis, je réfléchis, je réfléchis, je vais éclater de désir de l’écrire pour que cela finisse. Il y a un train qui apparaît, pas un tramway. Ma tête s’alourdit des pensées et devient grande. Comme un ballon de plomb. Je m’écroule sur le rail. Les roues-rasoirs arrachent la corde fine par laquelle le ballon est attaché à la terre. Ma tête s’envole au-dessus de la ville. (Adieu, mama, ville, monde). Le corps reste sous le train.
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